Türkiye Cumhuriyeti

Ambassade de Turquie

Konuşma Metinleri

Discours prononcé par S.E.M. Ismail Hakkı Musa, Ambassadeur de Turquie, à l’occasion du 15ème Forum Mondial du Développement Durable organisé par la maison France-Amériques, 13 Mars 2017, 15.03.2017

LA TURQUIE, SA STRATEGIE ET SES CHOIX FACE AUX ENJEUX DE LA TRANSITION ENERGETIQUE

Monsieur le Président,
Madames et Messieurs,

C’est un grand plaisir et honneur pour moi de pouvoir m’adresser à une audience aussi distingué dans le cadre du 15ème Forum du Développement Durable.

Je remercie la maison France-Amériques et son Président de m’avoir invité à cette conférence.

De la transition énergétique on comprend les systèmes énergétiques conçus pour soutenir le développement durable. Le développement durable quant à lui nécessite l’approvisionnement énergétique pour assurer le développement économique.

Par conséquent, l’énergie se présente comme un élément qui concerne les dimensions économiques, sociales et environnementales du développement durable.

Il est alors nécessaire de minimiser les problèmes environnementaux, réexaminer les sources énergétiques et proposer des solutions alternatives.

L’énergie est à l’ordre du jour pour deux raisons principales: les sources sont largement insuffisantes, et les technologies de transition peuvent avoir des conséquences négatives sur l’environnement.

Dans cette perspective, la Turquie tient compte de ses particularités locales et de ses responsabilités globales.

Tout d’abord, je voudrais tenter de résumer la stratégie énergétique de notre pays en tant que pays Euro-méditerranéen. Puis, je vais évoquer des décisions prises récemment par les autorités turques concernées dans ce domaine. J’exposerai également les travaux que nous effectuons sur le plan régional, et notamment sur le plan Méditerranéen.

La stratégie énergétique de la Turquie

La stratégie énergétique de la Turquie vise à répondre à la demande croissante d'énergie en diversifiant les approvisionnements énergétiques et les routes de transition. La Turquie vise aussi à contribuer à la sécurité énergétique de l'Europe par le biais de divers projets.

À cet égard, nous accordons la priorité au gazoduc transanatolien (TANAP), l'épine dorsale du Corridor Gazier Sud. Dans le cadre du gazoduc transanatolien, la livraison du gaz azerbaïdjanais à la Turquie commencera mi-2018 et en Europe en 2020. Plus tard, le gazoduc peut inclure le gaz turkmène ainsi que des volumes Azeris. La réalisation simultanée des projets du Corridor Gazier Sud, et notamment du gazoduc transanatolien et le gazoduc transadritique (TAP), est cruciale pour nous.

Nous évaluons toutes les sources énergétiques et les itinéraires alternatives dans notre région et dans d'autres. L’approvisionnement durable, rapide et sans interruption des ressources énergétiques du Moyen-Orient, de la Méditerranée, du Caucase, de la Fédération de Russie et de l'Asie central est primordial pour la sécurité énergétique de l’Europe ainsi que celle de la Turquie.

Décisions prises dans une optique de développement durable et de préservation de l’environnement

Assurer la sécurité de l'approvisionnement énergétique est l'une des conditions les plus importantes pour le développement durable. C’est pour cette raison même que la sécurité de l'approvisionnement énergétique est devenue vitale pour les principaux acteurs sur la scène internationale.

Pour déterminer sa politique énergétique, la Turquie prend en compte à la fois de ses caractéristiques spécifiques et de ses engagements mondiaux. En ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre, notre pays a déclaré une contribution nationale et continue de travailler au point de la mise en œuvre de cette contribution par le biais de sa politique énergétique.

Aujourd’hui, la Turquie satisfait 95% de sa demande en pétrole et en gaz naturel par l’importation, dépense près de 40 milliards $ US par an pour les ressources d'hydrocarbures; ce chiffre a atteint 50 milliards de dollars avec l'ajout d'autres ressources naturelles. Par conséquent, nous cherchons tout d’abord à diminuer notre dépendance à l’importation.

La stratégie énergétique multidimensionnelle de la Turquie repose sur la promotion de l'utilisation des énergies renouvelables et nucléaires tout en augmentant notre efficacité énergétique. Nous espérons ainsi de réduire notre dépendance énergétique, de maximiser l'utilisation des ressources nationales et de lutter contre le changement climatique.

Dans ce cadre ;

Les sources d’énergies renouvelables: La Turquie attribue une grande importance au développement des ressources hydroélectriques, éoliennes, solaires et géothermiques.

Nous visons à augmenter les énergies renouvelables dans notre production énergétique. Dans ce contexte, nous poursuivons nos efforts pour porter la part des énergies renouvelables à 30% dans notre production d'électricité d'ici 2023. Tel qu'énoncé dans le Plan d'Action National pour les énergies renouvelables pour la Turquie, publié en décembre 2014 par le Ministère de l'Énergie et des Ressources Naturelles, nous voulons faire parvenir le pouvoir d’hydroélectricité à 34.000 MW, l’énergie éolienne à 20.000 MW, l’énergie solaire à 5.000 MW et l’énergie géothermique à 1.000 MW.

En 2016, 33% de l'électricité produite en Turquie a été obtenu des ressources d'énergies renouvelables. Ainsi, la part des ressources d'énergie renouvelables en Turquie a atteint 44% au total.

L’électricité : Le système électrique de secours a été mis en place grâce au câblage sous-marin effectué à Çanakkale. La mise en place de la seconde ligne est prévue pour ce mois. Grâce au câblage de Çanakkale, les coupures de courant à Istanbul sont extrêmement limitées. Le pourcentage de production d’électricité à partir de ressources nationales a atteint le chiffre record de 49,3 % et l’objectif fixé pour 2020 est au maximum de 66%.

Le charbon : Alors que la moyenne mondiale en production d'électricité à partir du charbon local est de 40%, la part du charbon dans la production d’électricité en Turquie a atteint 17% en 2016. L’objectif est d’accroitre le rendement avec du charbon à haute valeur calorifique qui contribuera de façon positive au déficit des opérations courantes et à la technologie propre.

L’énergie nucléaire: L'établissement des centrales nucléaires en Turquie figure également parmi nos priorités. Nous prévoyons que les centrales nucléaires qui seront construites à Mersin / Akkuyu et à Sinop produiront au moins 10% de notre électricité totale à moyen terme. L’objectif de la mise en service du premier réacteur de la centrale nucléaire d’Akkuyu en 2023 est poursuivi. Le processus en cours avec la France et le Japon pour la centrale nucléaire de Sinop s’est accéléré. Les travaux de planification de la troisième centrale sont également en cours.

Stockage de gaz : Des mesures ont été prises pour atteindre un stockage de gaz de 20 % qui est actuellement à 5 %. Dans ce cadre, l’inauguration du site de stockage qui est toujours en cours de construction au Lac Tuz a été accélérée (sa capacité devrait atteindre 5 milliards de m³ en 2023, le site de Silivri devrait doubler sa capacité de stockage de 2,6 actuellement à 5 milliards de m³). Les infrastructures des sites de Gaz Naturel Liquéfié (GNL)- FSRU (unité flottante de stockage et de regazéification) ont été mises en place, le premier des trois projets existants (FSRU Neptune réalisé par Kolin et Etki Liman à Aliağa/ İzmir) a été activé, (l’activation du 2ème FSRU est prévu en fin 2017 et le 3ème aura lieu à Mersin), la capacité journalière de GNL a été augmentée à 65 millions de m³. En 2017, on devrait atteindre 107 millions de m³ de gaz par jour.

Coopération Energétique sur le plan régional, Méditerranéen

Comme vous le savez, la Turquie est géographiquement située à proximité de plus de 75% des réserves mondiales de pétrole et de gaz. Sa position géostratégique unique lui offre plusieurs possibilités pour assurer sa propre sécurité en matière d'approvisionnement énergétique, mais lui apporte aussi une responsabilité au niveau de la sécurité énergétique régionale.

Nous pensons que l’énergie peut être considérée comme un outil pour améliorer la coopération entre les pays, à renforcer les relations entre ces dernier et peut jouer un rôle centrale dans la stabilité régionale.

Notre pays est non seulement un marché potentiel pour les ressources de la région méditerranéenne, mais aussi pour des raisons techniques et financières, la voie la plus appropriée pour le transport de ces ressources. Grace à notre stratégie énergétique, la Turquie continuera à jouer un rôle important dans le domaine du commerce de ces ressources dans notre région.

Ayant conscience du fait que la transition énergétique nécessite aussi la coopération internationale, la Turquie est très active dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée (UpM). L’énergie est l’un des dossiers plus importants de cette organisation intergouvernementale qui réunit les deux rives de la Méditerranée. A ce titre, elle encourage la coopération approfondie entre ces pays membres. Pour ce faire, on a établi 3 plateformes : “La plateforme portant sur le marché régional de l’électricité”, “La plateforme portant sur l’énergie renouvelable et l’efficacité énergétique” “La plateforme portant sur le gaz”. Ce sont des plateformes qui ont pour but d’augmenter l’échange entre les pays de l’UpM et de créer une région plus intégrée en ces matières énumérés.

Conclusion

La Turquie cherche à établir des liens de coopération en matière d’énergie dans la région Méditerranéenne, prenant compte de trois critères : (1) le principe gagnant-gagnant, (2) l’utilité en matière de sécurité de la demande d’énergie régionale (3) progresser en servant la paix régionale et mondiale.

La Méditerranée, comme le Moyen-Orient, l’Asie centrale, le Caucase et la Fédération de Russie est d’une importance capitale pour la Turquie, en matière de coopération dans le domaine énergétique.

La Méditerranée a le potentiel de se transformer en un centre significatif de production et d’exportation de gaz naturel dans les années à venir.

Tous les acteurs dans cette région devraient adopter des politiques énergétiques de façon à faciliter la coopération dans ce domaine et œuvrer pour la consolidation de la paix régionale.

Le gaz naturel et le pétrole conserveront leur place dans nos politiques énergétiques à court et à moyen terme.

Cependant, l'énergie renouvelable et les interconnexions d'électricité doivent faire partie des efforts entretenus dans le bassin méditerranéen.

La Turquie est prête à évaluer de façon positive tous les projets qui tiennent compte des intérêts mutuels servant la paix régionale et mondiale.

Merci de votre attention.