Türkiye Cumhuriyeti

Ambassade de Turquie

Konuşma Metinleri

Büyükelçi İsmail Hakkı Musa'nın Fransız işverenler çatı örgütü MEDEF tarafından düzenlenen etkinlikte yaptığı konuşma, 06.02.2017

Je tiens tout d’abord à remercier tous ceux qui ont contribué à la préparation de cette réunion du MEDEF International.

Je suis certain que cette réunion contribuera au développement des liens économiques entre la Turquie et la France.

D’une manière générale :

La région au milieu de laquelle la Turquie se trouve n’a besoin d’aucune explication détaillée pour exposer sa nature complexe. Depuis la révolution iranienne en 1979, la Turquie a été entourée de nombreux conflits: la guerre entre l’Iran et l’Irak, les deux guerres du Golfe, les conflits du Haut-Karabakh, de l'Abkhazie, de l'Ossétie du Sud, de la Crimée et dernièrement de la Syrie.

Il va sans dire que l'engagement du gouvernement dans la procédure du réforme et du maintien de la stabilité politique, sociale et économique, en dépit de la charge de plus de 3 millions de réfugiés, est une garantie non seulement pour la Turquie elle-même et ses voisins immédiats, mais aussi pour toute l'Europe.

Quant à la tentative de coup d’état au 15 juillet, la Turquie et le peuple turc unis, ont vaincu et résisté pour la démocratie et la primauté du droit.

En dépit du fait que la Turquie soit entourée de voisins instables depuis plus de 40 ans,  disposant d'un système démocratique qui fonctionne et qui respecte la primauté du droit, elle demeure comme un îlot de stabilité au milieu d'une mer agitée et elle continuera à l’être dans les décennies à venir. 
La Turquie a réussi à avoir une croissance économique considérable et à protéger sa démocratie. La solidité du système bancaire turc et la stabilité des finances publiques contribuent également au bon fonctionnement de l’économie.

Chiffres clés de l’économie turque :

Je voudrais aussi saisir cette occasion pour partager avec vous quelques chiffres clés de l’économie turque afin de démontrer que la Turquie est au moins aussi attractive que la France pour investir.

La population de la Turquie est estimée à 79,8 millions en 2016. L'âge moyenne est de 31 et 68% de la population est âgée entre 15 et 64 ans. Seulement 8,5 % de la population turque a plus de 60 ans.

La Turquie est la 18ème économie à l’échelle mondiale et la 6ème à l’échelle européenne avec sa population jeune et formée, son vaste marché interne, sa croissance remarquable, ses puissantes entreprises en expansion dans le monde entier et particulièrement dans les régions voisines.

Le taux de croissance de l'économie turque était de 6,1% en 2015. Après une croissance à deux chiffres pendant plusieurs années, l'économie turque a amorcé un ralentissement en raison de l'environnement national et international défavorable. Ainsi, son taux de croissance trimestriel moyen s’est établi à 2,2% au cours des trois premiers trimestres de 2016.

Notre PIB est de 1,7 trillion de dollars en PPA (parité de pouvoir d’achat), cela signifie un revenu annuel moyen de 21.146 dollars par habitant (11.014 $ nominal).  Le taux de chômage est à 11,3%.

Suite à la politique d’assainissement rigoureusement appliquée, l’inflation qui s’envolait aux alentours de 70% est descendue en dessous de 10% en 2005 et a été maîtrisée ainsi depuis 12 ans pour se situer à 7% actuellement. Nous prévoyons de diminuer le taux d'inflation à 5% en 2018.

Le solde du compte courant de la Turquie est au niveau de -4,5% en 2015. Si l'on exclut l'énorme facture des importations énergétiques, la balance passe au + 0,2%. Le déficit budgétaire est de seulement 1,2%, bien en dessous des critères de Maastricht.

Le ratio de la dette publique brute par rapport PIB est à 32,9%, ce qui correspond à un tiers du ratio de la dette publique français. La dette publique est composée en majorité des obligations de livres turques vendues au marché domestique.

Quant au ratio Stock de la dette extérieure / PIB, il s’élève à 55,3% seulement, y compris la dette du secteur privé.

Le volume total des échanges commerciaux de la Turquie s’établit globalement à 341.2 milliards de dollars en 2016 contre 351 milliard de dollars en 2015 soit une baisse de 2.8%. Les exportations de la Turquie ont atteint 142.6 milliards de dollars en diminution de -0.8% par rapport à 2015 et les importations qui sont à 198.6 milliards de dollars connaissent un recul de -4,1% par rapport à l’an dernier dû à la chute des prix de l’énergie. Le taux de couverture des exportations sur les importations s’établit à 71.8%  en 2016.

La locomotive du commerce extérieur turc est l’industrie de l’automobile, du textile et de l’habillement. Viennent ensuite, dans l'ordre, les secteurs de l'agroalimentaire, les machines, les équipements électroniques, la sidérurgie et la chimie.

L'Union européenne reste le principal client de la Turquie avec 48 % des exportations. L’Allemagne reste le premier client turc avec 9,8% du total, suivie par la Grande Bretagne, l’Italie, l’Irak, les Etats-Unis. La France se situe au 6èmerang avec 4,1% des parts de marchés pour la Turquie.

Concernant les importations de la Turquie, avec en tête la Chine, l’Allemagne et la Russie ; l’Europe représente 30 % du volume total. La France est en 7ème position avec 3,7% de part de marché.

Dépendante des importations de biens intermédiaires pour sa production, la Turquie expose un déficit commercial, malgré une progression continue des exportations qui possèdent donc une valeur ajoutée relativement faible. Le pays souffre de la faible reprise de la zone euro, destination d'un tiers des exportations turques, de l'instabilité politique des pays du Moyen-Orient et dernièrement  par l’Etat d’urgence parfois perçu comme un facteur d’incertitude complémentaire.

Les flux d'investissements directs étrangers ont atteint 16,8 milliards de dollars en 2015. La majorité de ce volume est formée par l'investissement à long terme. Les dépenses en recherche et développement de la Turquie sont d'environ 15 milliards de dollars et plus de 800 demandes internationales de brevets par an sont faites par des sociétés turques.

France-Turquie

Quant aux relations entre la France et la Turquie, elles jouissent d’une histoire profondément enracinée.

En tant qu’Ambassadeur de Turquie en France, je serais sans doute très heureux de voir accroître les échanges et les investissements turcs en France. Il faut toujours prendre en compte qu’investir en Turquie n’ouvre pas que les portes du grand marché turc, mais vous situe aux portes d’entrée des marchés avoisinants où il y a encore des grands potentiels de croissance. Si vous prenez Ankara comme le centre d’un cercle, dans un rayon de 1.000 kilomètres il y a plus de 30, dans un rayon de 3.000 kilomètres il y a plus de 70 capitales de pays qui entourent la Turquie.

L’aspect politique, économique et commercial de nos relations a toujours constitué un facteur important. Les relations économiques et commerciales entre deux pays sont les éléments les plus dynamiques et les plus concrètes qu’il soit, dans l’histoire.

La Turquie a toujours été un partenaire crédible et fiable pour la France. La Turquie et la France possèdent de nombreuses opportunités l’une pour l’autre dans tous les domaines.

La  communauté turque, forte de ses 650.000 habitants en France, dont la moitié possède également la nationalité française, représentent un autre lien entre nos pays. Cette communauté participe de plus en plus activement à la vie politique française (après les élections municipales de 2014, 194 conseillers municipaux d’origine turques ont été élus) ce qui rend la coopération entre la France et la Turquie nécessaire dans tous les domaines possibles.

En tant que pays alliés ayant les mêmes visions, nous avons coopéré lors de nombreux changements et défis en Europe et dans le monde depuis des décennies. Les rapprochements entre les deux pays, en particulier dans les domaines de l’économie et de la culture, ont été transcendants. 
Afin d’établir un solide partenariat pour faire face aux défis globaux et régionaux, nous avons certainement besoin d’approfondir davantage notre amitié et nos relations bilatérales.

Les relations franco-turques ont traversé des turbulences pour s’intensifier par la suite, comme en témoignent visites de haut niveau effectuées, telles que la visite du Président Hollande en Turquie et les visites du Président Erdoğan en  France.

Lors de la visite historique du Président Hollande, la « Déclaration politique commune sur l'établissement d'un cadre stratégique de coopération entre la Turquie et la France», a été signée. En conformité avec cette déclaration, S.E. M. Mevlüt Çavuşoğlu, Ministre des Affaires étrangères de la République de Turquie, a effectué des visites officielles en France et un Plan d’Action a été signé pour recadrer les relations bilatérales.

Les présidents des deux pays ont fixé l’objectif d’accroître le chiffre du commerce extérieur pour atteindre 20 milliards d’euros.

Dernièrement lors de la visite de M. Matthias Fekl à Istanbul, pour coprésider, le comité mixte économique et commercial France-Turquie, les deux ministres ont  rappelé l’objectif fixé par les chefs d’État français et turc d’atteindre 20 milliards d’euros d’échanges commerciaux annuels.  

En 2015,  le volume du commerce bilatéral qui était de 12,2 milliards d’euros en 2014 s’est élevé à 13,7 milliards d’euros avec une progression de 13%. Les exportations de la Turquie ont atteint  6,7 milliards d'euros avec une augmentation de 7% tandis que les importations ont été de 7 milliards d'euros avec une baisse de 10% au cours des trois premiers trimestres de 2016.

Toutefois nous conservons notre objectif commun qui est d’accroître ce chiffre le plus rapidement possible. Il existe de nombreuses possibilités que les deux pays peuvent se proposer dans tous les domaines d’activités économiques.  

A la tête des produits les plus exportés en France depuis la Turquie se trouvent : les produits de la construction automobile, les articles d’habillement, les appareils ménagers, les produits de l’industrie textile, ainsi que les produits à base de fruits et légumes.

En revanche; la Turquie est le 11ème client de la France avec 1.6% de part de marché dans les exportations et le 12ème fournisseur avec 1.3 % part de marché dans les importations françaises. La Turquie est actuellement le troisième partenaire commercial de la France en dehors de l’Union européenne.

L'industrie de l’aéronautique, de  l’automobile, des accessoires d’automobile, du textile, de la mécanique, de la chimie, de l’électricité et de l’électronique, ainsi que d’autres secteurs industriels majeurs correspond à plus de 95% du volume des échanges commerciaux.

L'importance des liens économiques entre la France et la Turquie est également illustrée par la présence de nombreuses entreprises françaises dans notre pays.

Les réformes structurelles profondes ont ainsi favorisées les IDE en Turquie. Alors que le pays attirait environ 1 milliard de dollars d’IDE par an entre 1992 et 2002, il a attiré en moyenne plus de 12,5 milliards de dollars d’IDE par an depuis 2003. En 2015 la Turquie figure à la 20ème  place des pays ayant été les plus réceptifs.

Actuellement 1.430 sociétés à capitaux français, sont basées en Turquie. Les investissements cumulés de la France s’élèvent à 6.8 milliards de dollars entre  2002 – 2016 et  la France  est le 10ème plus grand investisseur en Turquie.

Par ailleurs, La Turquie est le 29ème  investisseur étranger en France, avec d’une centaine d’entreprises implantées.

Parmi les grands groupes turcs qui opèrent en France, on peut compter le groupe Koç avec ses filiales Beko et Otokar, Turkish Airlines qui  effectue les vols vers la France, mais aussi Vestel qui est la filiale du groupe Zorlu dans l’électroménager, Orhan Holding dans le secteur de automobile et le groupe turc Yildirim qui a investi depuis 2010 dans CMA-CGM.

La tâche qui nous incombe est de favoriser le renforcement et la diversification de cette coopération et de faire en sorte que cette coopération soit encouragée par un climat politique favorable qui est indispensable.        

Nos échanges visant à accroitre la coopération en particulier dans les domaines de l’industrie de la défense, de l’énergie et de l’agriculture se poursuivent de façon intense.

Incitations :   

Actuellement, la Turquie offre des opportunités d'investissement très lucratives dans divers secteurs tels que celui de l'automobile, de la machinerie, des mines, de l'énergie, des énergies renouvelables, de l'immobilier, de la finance, des TIC (Technologies de l’Information et de la Communication), de l'agriculture, de la chimie, de la pétrochimie, de la métallurgie.

Au fil de la dernière décennie, la Turquie a mis en œuvre une politique dynamique visant à améliorer son contexte d’investissement. La loi-cadre sur les Investissements Directs Etrangères (IDE), adoptée par le parlement en 2003, constitue le premier épisode de ces réformes économiques importantes destinées à changer le contexte d’investissement de la Turquie et à renforcer son attrait auprès des  investisseurs internationaux.

Cette loi garantit un traitement égal pour tous les investisseurs, qu'ils soient nationaux ou internationaux, et reconnaît à tous les investisseurs internationaux le droit d'entrer en Turquie sans avoir à solliciter d’autorisation préalable, de transférer librement les dividendes, d'accéder à l'immobilier, d'être protégés contre l'expropriation, d'embaucher des expatriés, etc. La Turquie a aussi réduit l'impôt sur les sociétés, de 33 % à 20 % pour toutes les entreprises.

D’importants paramètres tels que l’acceptation des tribunaux d’arbitrage internationaux et l’harmonisation progressive des lois avec la législation de l’UE ont fait de la Turquie l’un des pays les plus libéraux du monde, tant sur le plan du cadre juridique relatif aux IDE que du contexte de l’investissement.

Outre les régimes d’incitation à l’investissement général, régional, prioritaire et stratégique, le gouvernement a introduit un nouveau système applicable aux projets d'investissement d'une valeur minimale de 100 millions de dollars comprenant de nouvelles mesures de soutien telles que le soutien du capital, le soutien des coûts de l'énergie et la garantie d’achat.

Je vous remercie infiniment pour votre aimable attention.

Thèmes de projets pour le nouveau système d’incitation :

 -Investissements intégrés en métallurgie

-Pétrochimie

-Matériel médical et technologies liées à la santé

-Investissements pharmaceutiques, biotechnologiques et nanotechnologies

-Trains légers et trains à grande vitesse

-Systèmes de défense aérienne, navale et terrestre, aéronautique et spatiale

-Technologies de l'information et de la télécommunication.